À l’heure où, en République démocratique du Congo, le corridor de Lobito alimente encore panels et séminaires, certains ont déjà basculé dans l’action. Robert Friedland, fondateur d’Ivanhoe Mines, appartient à cette catégorie rare d’entrepreneurs qui transforment les conversations en infrastructures, et les promesses en chaînes de valeur concrètes.

La récente expédition d’anodes de cuivre à 99,7 % produites à Kamoa-Kakula vers le port angolais de Lobito, via le corridor ferroviaire, marque un tournant discret mais décisif. Discret, car loin des tribunes officielles. Décisif, car il matérialise une vision : celle d’un cuivre congolais transformé localement, transporté efficacement, et intégré dans une chaîne industrielle mondiale à faible empreinte carbone.

Le parcours de Friedland éclaire cette dynamique. Entrepreneur canadien, il s’est forgé une réputation de bâtisseur audacieux dans le secteur minier, derrière plusieurs découvertes majeures et projets à forte valeur. Souvent controversé, toujours visionnaire, il incarne une forme de capitalisme pionnier, capable de prendre des risques là où d’autres hésitent encore.
Avec Kamoa-Kakula, l’ambition dépasse l’extraction. Il s’agit de repositionner la RDC non plus comme simple fournisseur de matières premières, mais comme acteur industriel stratégique dans la transition énergétique. Le partenariat avec le groupe européen Aurubis pour le raffinage à faible intensité carbone s’inscrit dans cette logique d’intégration verticale et de compétitivité globale.

Pendant que les débats se poursuivent à Kinshasa et Lubumbashi sur la viabilité et la gouvernance du corridor de Lobito, Ivanhoe Mines démontre, preuve à l’appui, que les infrastructures régionales peuvent devenir des leviers immédiats de transformation économique.
Le contraste est saisissant : d’un côté, la théorie ; de l’autre, l’exécution. Et dans cette course silencieuse mais déterminante, Friedland avance, méthodique, imposant un tempo qui pourrait bien redéfinir les standards du secteur minier africain.
La leçon est limpide : l’avantage ne revient pas toujours à ceux qui parlent le mieux des projets, mais à ceux qui les réalisent.
La Rédaction










