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Hamidou Elebe : cartographier le business congolais, une ambition digitale assumée

Dans cette interview exclusive, Hamidou Elebe dévoile une vision engagée du digital comme levier de transformation économique en RDC. À travers Creabox et Ecomap, il œuvre à structurer l’information, rendre les entreprises visibles et connecter les opportunités, convaincu que l’innovation locale peut durablement renforcer l’écosystème entrepreneurial congolais.

1. Vous êtes aujourd’hui à la croisée de plusieurs rôles — entrepreneur, acteur institutionnel, stratège digital. Quel est le fil rouge de votre parcours ?

Mon parcours est avant tout une quête de sens. Derrière chaque projet, il y a une conviction profonde : notre pays regorge de potentiel, mais ce potentiel mérite d’être structuré, révélé et amplifié.

Avec Creabox Communication, nous ne faisons pas simplement de la communication ou du digital. Nous cherchons, à notre niveau, à améliorer la vie des Congolais — en rendant les entreprises plus visibles, plus accessibles, et plus performantes.

C’est cette volonté de connecter le réel et le numérique, au service de notre société, qui guide chacune de mes actions.

2. Creabox Communication gère aujourd’hui des comptes majeurs en RDC. À quel moment avez-vous compris que vous pouviez jouer dans cette cour-là ?

Honnêtement, cela ne s’est pas imposé comme une ambition personnelle, mais comme une responsabilité.

Quand vous voyez l’impact concret de votre travail — plus de 500 collaborations réalisés, des marques qui grandissent,— vous comprenez que vous devez aller plus loin, non pas pour vous, mais pour ce que vous pouvez apporter.

Nous apprenons chaque jour. Nous restons des étudiants du terrain. Et c’est cette humilité face à la connaissance qui nous permet d’innover.

3. Le marché de la communication en RDC est encore en structuration. Quelles sont, selon vous, ses forces… et ses angles morts ?

La plus grande force du Congo, ce sont les Congolais eux-mêmes : une capacité d’adaptation exceptionnelle et une ouverture rapide aux nouvelles technologies.

Mais il existe encore des manques fondamentaux. L’un des plus critiques est l’absence d’adressage structuré.

On peut investir dans les meilleures stratégies marketing… mais si une personne ne peut pas trouver une entreprise, tout devient fragile.

C’est là que la technologie doit servir : résoudre des problèmes simples, mais essentiels à la vie quotidienne.

4. En tant que Vice-Président en charge du digital au sein de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) Haut-Katanga, quel combat menez-vous concrètement pour moderniser les pratiques ?

Mon combat est simple : rendre le digital concret, utile et accessible.

Je veux que chaque entrepreneur congolais comprenne que la technologie n’est pas un luxe, ni une tendance… mais un levier direct d’amélioration de son activité.

Ce n’est pas une question de modernité, c’est une question de survie économique et d’opportunité.

5. Ecomap RDC se présente comme une plateforme novatrice pour le business. Quelle frustration ou quel besoin précis vous a poussé à la créer ?

Ecomap est né d’une frustration très simple, presque banale.

Nous aidions des entreprises à se développer… mais parfois, personne ne savait où les trouver.

J’ai compris que, avant de parler de croissance, il fallait d’abord permettre aux entreprises d’exister dans l’espace.

Ecomap, c’est une réponse à ce besoin fondamental : rendre visible ce qui existe déjà.

6. Concrètement, qu’est-ce que les entrepreneurs congolais vont trouver sur Ecomap RDC qu’ils ne trouvent pas ailleurs aujourd’hui ?

Ecomap n’est pas seulement une plateforme.

C’est un outil pensé pour notre réalité. Un espace où chaque Congolais peut contribuer, partager, documenter.

Aujourd’hui, plus de 1 283 lieux sont recensés dans 31 villes. Mais au-delà des chiffres, ce qui compte, c’est l’esprit : une carte construite par les Congolais, pour les Congolais.

Une intelligence collective, vivante, utile.

7. Monter une plateforme digitale en RDC, c’est aussi faire face à des réalités techniques et structurelles. Quelles ont été les plus grandes difficultés ?

Nous avons dû accepter que les modèles existants ne fonctionnent pas toujours ici.

Alors nous avons choisi une approche différente : partir de la base, impliquer les citoyens, écouter le terrain.

Ce projet n’est pas uniquement  technologique. Il est humain.

Il repose sur une idée simple : chaque lieu a une histoire, et chaque Congolais peut la raconter.

8. Vous êtes au cœur de l’écosystème business au Grand Katanga. Comment jugez-vous aujourd’hui la maturité digitale des entreprises locales ?

« Le Grand Katanga est une région de bâtisseurs.

La maîtrise du physique est impressionnante. L’industrie lourde, la production, l’organisation.

Le digital est encore en transition, mais la volonté est là.

Notre rôle, c’est d’accompagner cette transition vers des outils comme l’intelligence artificielle ou le marketing digital avec des solutions adaptées à leurs réalités.

9. Si vous deviez convaincre un dirigeant encore sceptique, en une phrase, pourquoi devrait-il absolument intégrer le digital dans sa stratégie ?

Refuser le digital aujourd’hui, ce n’est pas rester prudent.

C’est accepter de devenir invisible.

Et dans un monde où tout se découvre en ligne, l’invisibilité est un risque que nos entreprises ne peuvent plus se permettre.

10. Dans 5 ans, vous voulez que l’on dise quoi de Hamidou Elebe : un communicant, un bâtisseur d’écosystème… ou autre chose ?

Pas comme un expert. Pas comme un communicant.

Mais comme quelqu’un qui a contribué, avec d’autres, à construire quelque chose d’utile.

Si, demain, un petit commerce en RDC peut être trouvé plus facilement…
Si un entrepreneur peut mieux vendre…
Si la technologie rapproche les gens au lieu de les exclure…

Alors, nous aurons fait notre part.

D. Lukoji

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