La tension monte dans le secteur stratégique du transport des minerais en République démocratique du Congo. L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) accélère la mise en œuvre de l’arrêté du Vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, imposant que 50 % des marchandises exportées soient désormais confiées aux transporteurs publics congolais.
Une décision à fort impact, prise dans un contexte jugé alarmant : les opérateurs nationaux ne captent qu’environ 1 % des près de 3 millions de tonnes de cuivre exportées chaque année. Un déséquilibre massif que les autorités entendent corriger rapidement, au risque de provoquer des turbulences logistiques majeures.
Réunis autour d’une table de crise avec le président de la FEC, Robert Malumba, et le Directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, les acteurs ont acté un moratoire de 60 jours. Celui-ci vaut mise en demeure pour toutes les entreprises concernées, sommées de se conformer à cette nouvelle règle.
Sur le terrain, l’inquiétude est palpable, notamment dans le Grand Katanga, cœur de la production minière. À Lubumbashi, un entrepreneur du secteur logistique confie sous anonymat :
« On comprend la volonté de promouvoir le contenu local. Mais concrètement, quelle entreprise congolaise dispose aujourd’hui d’une flotte suffisante pour absorber ne serait-ce que 10 % de ces volumes ? On risque un blocage pur et simple de la chaîne d’exportation. »
Derrière cette réforme se dessine la vision du Président Félix Tshisekedi, qui mise sur le renforcement du contenu local et l’émergence des PME congolaises. Mais entre ambition politique et réalités opérationnelles, l’équation reste explosive.
Si elle est appliquée sans transition suffisante, cette mesure pourrait ralentir les exportations, perturber les contrats miniers et fragiliser davantage un secteur déjà sous pression énergétique et logistique. Les 60 prochains jours s’annoncent décisifs.
La Rédaction








