Contenu local : le grand défi de Ted Beleshayi

Kinshasa. Le changement à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) ouvre une nouvelle séquence pour l’économie congolaise. Nommé Directeur général par ordonnance présidentielle le 3 juin 2026, Ted Beleshayi Kasanda succède à Miguel Kashal Katemb après trois années marquées par une offensive sans précédent en faveur du contenu local.

L’enjeu dépasse largement un simple changement de dirigeants. Derrière l’ARSP se joue une bataille économique majeure : faire émerger une véritable classe d’entrepreneurs congolais capable de capter une part significative des milliards de dollars générés chaque année par l’économie nationale.

Sous Miguel Kashal, l’institution a multiplié les contrôles et les régularisations. Plus de 450 contrats de sous-traitance ont été examinés entre février et avril 2026. Pourtant, les chiffres révèlent une réalité plus complexe : le volume des marchés déclarés est passé de 2,456 milliards USD en 2024 à 1,713 milliard USD en 2025, soit une baisse de plus de 30 %.

Avant son départ, Miguel Kashal a salué « la vision du Président de la République pour l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise et le développement du contenu local », tout en remerciant les acteurs qui ont accompagné cette ambition.

Pour Ted Beleshayi, expert-comptable passé par KPMG et l’Inspection générale des finances, le défi est immense. Car le potentiel du marché de la sous-traitance est estimé à plus de 8,5 milliards USD, mais demeure concentré à plus de 90 % dans le secteur minier.

Comme l’a souligné John Kanyoni, figure du secteur privé, « Ted va apporter un plus à l’ARSP. En binôme avec Fely Samuna, ils feront bouger les lignes. » Mais au-delà de la régulation, la question centrale reste entière : comment financer, former et structurer des PME congolaises capables de rivaliser durablement avec les grands groupes internationaux ?

C’est désormais sur ce terrain que sera jugée la nouvelle direction de l’ARSP. Le véritable défi n’est plus seulement de réserver des marchés aux Congolais, mais de bâtir des champions économiques congolais.

La Rédaction

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