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Participation des travailleurs congolais au capital des mines : une exigence légale… mais un défi opérationnel

Dans une circulaire officielle datée du 30 janvier 2026, le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, rappelle aux sociétés minières opérant en République démocratique du Congo une obligation inscrite dans le Code minier : céder 5 % du capital social de leurs filiales aux travailleurs de nationalité congolaise.

Adressé aux entreprises en exploitation, le document précise que cette participation découle des dispositions combinées de l’article 71 bis du Code minier et de l’article 144 bis du Règlement minier. L’objectif est clair : renforcer l’inclusion économique des Congolais dans un secteur qui génère l’essentiel des recettes d’exportation du pays. Les sociétés déjà en conformité sont invitées à transmettre les preuves juridiques correspondantes, tandis qu’un moratoire a été accordé jusqu’au 31 juillet 2026 aux entreprises qui n’ont pas encore finalisé l’opération.

Sur le principe, la mesure fait consensus. Dans les faits, sa mise en œuvre soulève toutefois des questions juridiques et opérationnelles. Certaines compagnies minières redoutent la complexité de restructurations capitalistiques, notamment pour les filiales détenues par des groupes internationaux cotés en bourse.

« Le principe est juste : les travailleurs doivent bénéficier davantage de la richesse qu’ils contribuent à produire. Mais la mise en place de ce mécanisme nécessite une ingénierie juridique solide pour éviter des conflits d’actionnaires ou des blocages dans la gouvernance », confie un entrepreneur congolais actif dans la sous-traitance minière à Kolwezi.

Au ministère des Mines, on insiste toutefois sur la dimension stratégique de la réforme. « Cette disposition existe déjà dans la législation. La circulaire vise surtout à accélérer sa mise en application et à garantir que les travailleurs congolais participent réellement à la création de valeur du secteur minier », explique une source au sein du cabinet du ministre.

Reste à savoir si toutes les entreprises se conformeront dans les délais. Dans un secteur où les montages financiers sont souvent complexes, la participation directe des employés au capital pourrait marquer une évolution importante de la gouvernance minière en RDC — à condition que le mécanisme soit appliqué avec pragmatisme.

Teddy Ndala

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