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De l’enclavement au hub : la RDC change de cap

Clap de fin, mais surtout point de bascule. À Lubumbashi, la 3ᵉ Conférence Import-Export organisée, le 23 et 24 avril 2026 à Lubumbashi, sous l’égide de la FEC Haut-Katanga n’a pas simplement aligné des constats : elle a posé les bases d’une doctrine économique. Celle d’un pays qui refuse désormais sa géographie subie pour construire une géographie choisie.

Car le diagnostic est connu : enclavement relatif, infrastructures vieillissantes, fragmentation réglementaire. Mais ce qui change, c’est la cohérence des réponses. La modernisation multimodale n’est plus un slogan. Réhabiliter plus de 50 % du réseau ferroviaire devient une condition de compétitivité, pas un luxe. Dans un monde où la logistique fait la différence entre croissance et marginalisation, la RDC joue ici une partie stratégique.

Même lucidité sur les Partenariats Public-Privé : sans crédibilité contractuelle et transparence, le capital restera frileux. L’enjeu n’est pas d’attirer des investisseurs, mais de les retenir. Cela suppose des règles du jeu stables, lisibles, exécutoires.

La digitalisation, elle, agit comme un accélérateur. L’intégration au SEGUCE et l’adoption du RECOS traduisent une volonté de réduire les frictions invisibles qui plombent le commerce transfrontalier. Moins de paperasse, plus de flux : c’est toute la chaîne de valeur qui respire.

Mais le point le plus politique reste la souveraineté économique. Imposer le transfert de compétences, intégrer les PME locales dans les grands projets : c’est refuser une croissance extravertie. C’est bâtir une économie d’ancrage.

Au fond, cette conférence marque une inflexion : passer d’une économie de rente logistique à une économie de plateforme. Les corridors ne sont plus des voies de passage, mais des leviers de transformation. Reste maintenant l’essentiel, et le plus difficile : exécuter.

La Rédaction

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