Gécamines Trading : quand la RDC reprend la main sur son cuivre

ANALYSE -Kinshasa, 12 janvier 2026. Ce communiqué aurait pu passer pour une note technique de plus. Il marque en réalité un tournant stratégique. En décidant d’exercer son droit d’achat sur 100 000 tonnes de cuivre issues de la production 2026 de Tenke Fungurume Mining, Gécamines fait bien plus qu’une opération commerciale : elle revient dans la salle des machines du négoce mondial.

Pour la première fois, l’entreprise publique ne se contente plus d’encaisser des dividendes ou des redevances. Elle achète, elle commercialise, elle arbitre. Vingt pour cent de la production de TFM, à hauteur exacte de sa participation actionnariale, destinés au marché américain. Un détail ? Non. Un signal. Géopolitique même, dans le sillage des accords récents entre la RDC et les États-Unis, portés au plus haut niveau par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le rôle de Gécamines Trading s’inscrit précisément ici : reprendre la main sur la valeur. Depuis des décennies, la RDC produisait mais ne vendait pas. D’autres faisaient le prix, captaient les marges, maîtrisaient les flux. La filiale de trading change cette équation. Elle positionne l’État congolais non plus en simple propriétaire du sous-sol, mais en acteur du marché.

« Cette première opération de commercialisation constitue le prolongement logique d’un dispositif d’offre compétitive désormais maîtrisé », souligne Guy-Robert Lukama. Derrière cette phrase policée, une réalité : la Gécamines apprend à jouer dans la cour des grands.

Même tonalité chez Placide Nkala Basadilua : « Il s’agit de renforcer durablement la position de la RDC sur l’échiquier mondial des matières premières. » Comprendre : fiscalité élargie, acheteurs diversifiés, souveraineté économique assumée.

L’alliance avec Mercuria apporte la crédibilité opérationnelle indispensable. Le reste est désormais politique, stratégique et financier.

À Cape Town, lors du Mining Indaba en février 2026, les échanges promettent d’être passionnants. Une question flottera dans les allées : et si la RDC avait enfin décidé de vendre son cuivre comme une puissance minière… et non plus comme un simple territoire extractif ?

La Rédaction

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