Le département d’État américain a officiellement annoncé le 20 janvier 2026 que le secrétaire d’État Marco Rubio accueillerait des « partenaires du monde entier » pour la première réunion ministérielle sur les minerais critiques, le 4 février, dans le but de contrer la domination de la Chine sur les ressources.
Cette rencontre annoncée à Washington entre les États-Unis et plusieurs dirigeants africains autour des minerais critiques révèle un basculement stratégique majeur. Derrière le discours officiel sur les « partenariats responsables », se cache une urgence occidentale : sécuriser l’accès aux ressources indispensables à la transition énergétique et technologique.
Des pays comme la République démocratique du Congo et la Guinée occupent une position centrale dans cette nouvelle géopolitique des matières premières. Cobalt, cuivre, lithium, bauxite : sans l’Afrique, ni batteries, ni véhicules électriques, ni souveraineté industrielle pour les grandes puissances. Les États-Unis cherchent ainsi à rééquilibrer une présence minière africaine largement dominée par la Chine depuis vingt ans.
Côté africain, le ton a changé. La participation attendue de Félix Tshisekedi illustre une volonté de négocier au plus haut niveau politique, avec une exigence claire : aller au-delà de l’extraction brute, vers la transformation locale, la création d’emplois et une meilleure captation de la valeur.
Mais cette bataille ne se jouera pas uniquement à Washington. Les échanges à venir lors du Mining Indaba de Cape Town (du 9 au 12 février 2026) seront cruciaux. Ce rendez-vous mondial du secteur minier sera le véritable terrain de clarification, où États africains, majors minières, investisseurs et bailleurs occidentaux devront transformer les intentions diplomatiques en engagements concrets.
À Cape Town, l’Afrique aura une occasion rare : poser ses conditions, harmoniser ses discours et rappeler que la transition énergétique mondiale ne peut se faire sans une transition de gouvernance et de justice économique sur le continent.
En filigrane, une vérité s’impose : le monde redécouvre la valeur stratégique de l’Afrique. Reste à savoir si l’Afrique saura, cette fois, en fixer le prix.
D. Lukoji
