Dans une salle surchauffée de Kinshasa, ce samedi 6 juillet, une idée a jailli comme une alerte rouge : la RDC a besoin d’un plan stratégique national de création d’entreprises et d’emplois. Pas demain. Maintenant. C’est ce qu’a martelé Erick Mungomba, expert en emploi et entrepreneuriat, lors d’une journée de réflexion qui a eu des allures de cri du cœur.
Face à un marché du travail moribond – à peine 5.000 offres d’emploi par an pour un pays de plus de 100 millions d’habitants – Mungomba appelle à rompre avec les rustines administratives. L’enjeu ? Réconcilier formation, compétences et réalités du terrain. Un « ROME congolais », un catalogue des métiers, une cartographie des compétences, une approche chirurgicale selon les profils : diplômés, autodidactes, porteurs de projets et personnes vivant avec handicap.
« On parle souvent de l’emploi comme d’un enjeu technique. C’est une erreur. C’est une bombe sociale en gestation », a-t-il lâché, entre deux slides, appelant à une réforme éducative et entrepreneuriale d’envergure.
Pour Armand Miteo, président de la fondation organisatrice, l’initiative veut redonner voix à une jeunesse souvent reléguée au rang de spectatrice. « La jeunesse congolaise ne veut plus juste apprendre. Elle veut bâtir, créer, entreprendre », résume-t-il.
À l’heure où la RDC s’apprête à franchir le cap des 120 millions d’habitants, le silence stratégique n’est plus une option. Il est temps de penser entreprise, de parler emploi, de dessiner l’avenir. Et surtout, de ne plus le subir.
D. Lukoji









