Les transporteurs transfrontaliers opérant sur la route nationale N1, au nord-ouest de Lubumbashi, ont été alertés d’une instabilité annoncée à partir du lundi 5 janvier. Selon le Transit Assistance Bureau (Transist), les zones de Likasi, Fungurume et Kolwezi — cœur battant de la province cuprifère du Haut-Katanga — sont particulièrement concernées.
À l’origine de cette crispation : une loi adoptée il y a un mois par le gouvernement congolais interdisant l’exploitation minière artisanale. Une décision qui a provoqué une vague de protestations de la part des creuseurs, déterminés à obtenir son retrait. Dans une région où la mine structure l’économie locale, la rue est devenue un prolongement du débat politique.
Or, l’axe N1 menant au poste-frontière de Kasumbalesa, principal corridor vers la Zambie, supporte un trafic stratégique pour la chaîne logistique régionale. Environ 70 % du cobalt mondial destiné aux technologies intelligentes y transite. Résultat : les transporteurs, notamment ceux du Copperbelt, se retrouvent en première ligne des violences. Transist fait état du décès d’un chauffeur zambien et de cinq mineurs congolais depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction.
Si les autorités affirment vouloir régler la situation cette semaine, les manifestations se poursuivent, perturbant les opérations minières et visant entreprises, chauffeurs et travailleurs. Mike Fitzmaurice, directeur général de Transist, appelle les sociétés actives dans ces zones à la plus grande prudence. Les activités au poste de Kasumbalesa, déjà sujet à de sévères engorgements, pourraient également être affectées. Une nouvelle alerte pour une économie congolaise plus que jamais dépendante de la fluidité de ses corridors miniers.
La Rédaction






