FOGEC : cinq ans après, le pari de l’entrepreneuriat congolais entre bilan encourageant et nouveau départ

Cinq ans après sa création, le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) tourne une page de son histoire. Né en 2020 pour faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au crédit bancaire, l’établissement public aborde une nouvelle étape avec la nomination d’une nouvelle équipe dirigeante, après un premier mandat marqué par la structuration de l’institution et la montée en puissance de son mécanisme de garantie.

Par ordonnance présidentielle publiée le 3 juin 2026, le président Félix Tshisekedi a confié la gouvernance du FOGEC à Mukanya Katanga Évariste, président du Conseil d’administration, Luto Nzolantima, directeur général, et Lénine Okana Nsiawi, directeur général adjoint. Cette nouvelle équipe hérite d’une institution qui revendique des résultats inédits dans un pays où l’accès au financement demeure l’un des principaux freins au développement des entreprises.

Le bilan présenté avant la transition est jugé encourageant. Selon les chiffres communiqués par le FOGEC, 453 entrepreneurs ont bénéficié de son accompagnement dans 16 provinces, pour plus de 5,3 millions de dollars mobilisés, dont 96 % sous forme de crédits bancaires garantis. L’institution affirme également avoir contribué à la création ou à la consolidation de plus de 2 500 emplois, tandis que près de la moitié des financements ont été orientés vers l’agro-industrie. Les jeunes de moins de 45 ans représentent 60 % des bénéficiaires et les femmes 31 %.

Lors de la présentation de la quatrième cohorte d’entrepreneurs en mai 2026, le directeur général sortant, Laurent Munzemba Kompa, résumait le chemin parcouru : « C’est le sentiment du travail accompli (…). Notre première cohorte comptait 10 entrepreneurs, puis 48, ensuite 90 et aujourd’hui 102 entrepreneurs pour 3,5 millions de dollars. Nous sommes fiers. Ce n’est qu’un début. »

Pour lui, le principal succès du FOGEC dépasse les seuls montants mobilisés. « Nous avons su transformer une idée en un levier financier crédible auprès du secteur bancaire et des partenaires », déclarait-il, soulignant qu’un opérateur économique congolais avait récemment injecté un million de dollars dans le fonds, preuve, selon lui, que « la gestion transparente des fonds publics peut générer la confiance ».

Le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, a pour sa part appelé le FOGEC à franchir une nouvelle étape. « Je voudrais vous engager à multiplier les modalités de financement (…). Allez dans la prise de participation dans les entreprises porteuses de croissance », a-t-il déclaré, annonçant parallèlement la création du FOGEC S.A., destiné à accompagner les start-up et les entreprises en phase d’expansion.

Malgré ces avancées, les défis demeurent considérables. Les besoins de financement des PME congolaises se chiffrent en milliards de dollars, alors que le volume d’intervention du FOGEC reste encore limité. La faible formalisation des entreprises, les exigences du secteur bancaire et les disparités entre provinces continuent également de freiner l’accès au crédit.

La mission de la nouvelle direction sera donc décisive. Après avoir démontré qu’un mécanisme public de garantie pouvait restaurer la confiance entre les banques et les entrepreneurs, elle devra désormais changer d’échelle. Plus qu’un simple fonds de garantie, le FOGEC ambitionne de devenir l’un des piliers du financement de l’entrepreneuriat congolais et un instrument de diversification de l’économie nationale.

La Rédaction

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