Petit commerce en RDC : la protection ne suffit pas, il faut maintenant faire grandir les commerçants congolais

Quatre mois après l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire, une question mérite d’être posée : qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie du petit commerçant congolais ?

Depuis le 30 avril 2026, le Décret n°26/011 du 30 mars 2026 portant mesures d’exercice du petit commerce et du commerce de détail encadre plus strictement l’accès à ce marché. Dans son communiqué de presse n°124/2026 du 30 avril 2026, le ministère de l’Économie nationale présente cette réforme comme un moyen de clarifier les règles, de mieux organiser le commerce intérieur et de renforcer la participation des Congolais.

Sur le papier, le signal est fort : le petit commerce et le commerce de détail sont désormais réservés aux opérateurs économiques congolais, tandis que certaines activités spécialisées restent accessibles aux étrangers sous conditions, notamment à travers l’Avis de non-objection (ANO) prévu par l’Arrêté ministériel n°011/CAB/VPM/MIN-ECONAT/DMS/2026 du 5 mai 2026.

Mais dans un marché de quartier, la réalité se mesure autrement.

Elle se mesure au commerçant qui peut enfin travailler sans avoir le sentiment de jouer à armes inégales. À celui qui espère développer son petit magasin, embaucher deux ou trois personnes, obtenir un crédit et passer, demain, du commerce informel à une véritable PME.

C’est là que se trouve le vrai test de la réforme.

Car réserver un marché aux Congolais ne suffit pas à créer des champions congolais. Il faut aussi du financement, des fournisseurs compétitifs, une fiscalité lisible, moins de tracasseries et surtout un accompagnement vers la formalisation.

Le gouvernement a posé une première pierre. La période de mise en conformité de six mois doit maintenant permettre de vérifier si cette nouvelle réglementation change réellement le rapport de force sur le terrain.

L’enjeu n’est finalement pas seulement de fermer certaines portes aux autres. C’est de donner aux entrepreneurs congolais les moyens d’ouvrir les leurs.

C’est à cette condition que le décret pourra passer d’une réforme réglementaire à une véritable politique de développement de l’entrepreneuriat congolais.

La Rédaction

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